samedi 26 juin 2010

Qui ? Hein ? Quoi ? Mais vous êtes qui d'abord ? Non, non, je n'ai rien vu...

Rien, donc. Absolument rien.

Selon Abidal, "le groupe était sain". Selon Henry, "il n'y avait pas de tensions, les gars s'entendaient bien, le coach faisait ses choix". Selon Evra, "personne n'a forcé quiconque", le groupe était uni dans l'erreur et le n'importe quoi.

En sortant pourtant du vestiaire du stade de Bloemfontein, après la dernière défaite des bleus contre l'Afrique du Sud, ils avaient promis la vérité, sur des tons parfois grandiloquents, ils avaient promis de parler "plus tard" pour expliquer ce qui avait mené l'équipe de France dans un tel marasme. On attendait, on allait voir ce qu'on allait voir. Le grand déballage ferait des vagues. On a attendu et on a vu. Henry sur Canal plus. Evra et Abidal sur TF1. Fallait être naïf pour attendre de fracassantes révélations - les joueurs de foot sont encore plus doués que les hommes politiques pour noyer le poisson. Même la honte ne leur délie pas la langue.

On a vu et entendu les joueurs qui ont mené la fronde et on a vu avec quel art ils s'appliquent désormais à verrouiller l'information. Evra, Abidal et Henry : trois siciliens qui n'ont rien fait, rien vu, rien entendu. A peine Henry a-t-il consenti à dire qu'on l'avait mis de coté et que les nouveaux n'étaient plus très respectueux des anciens. Tu parles, des miettes. On n'aura pas entendu Gourcuff, Lloris, Sagna ou Toulalan : leur témoignage serait sans aucun doute plus intéressant, moins lisse. Mais on ne les entendra pas ceux-là, ils en ont certainement plein le dos, plein les jambes et plein la tête. Ils essaient d'oublier en sifflant des Cuba Libre sur la plage.

Enfin, on ne va pas davantage développer le rien qui ne s'est pas dit pendant ces trois entretiens parce qu'à les relire ou à les réentendre, on a presque l'impression qu'il ne s'est rien passé, ou qu'aucune raison particulière n'explique véritablement ce qu'il s'est passé. C'est donc la vérité de ces joueurs là et forcément la vérité tout court (il n'y en aura pas d'autres, ne rêvez pas) : il ne s'est rien passé, nous avons tous été victimes d'une hallucination collective. C'est rare mais ça arrive.


Harald
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