lundi 21 juin 2010

Je ne cautionne pas du tout



Honnêtement, je n'ai jamais vraiment aimé le football. C'est surtout Harald qui m'a forcé à faire ce blog. Moi, de mon côté, j'étais plutôt partant sur un blog musical, ou littéraire, ou sur l'astrophysique, car le trou noir est un sujet passionnant, bref, j'avais des tas d'idée assez pertinentes. Mais Harald a vraiment insisté, il a fait du chantage affectif, il m'a dit si je ne faisais pas ce blog avec lui, il retournerait dans le bus, ou le métro, et il fermerait les rideaux pour bouder, il m'a montré une icône de la Vierge Marie et une photo de ses sept enfants, m'a supplié au nom du Pape et de Marco Materazzi de ne pas le laisser seul dans cette aventure périlleuse. Je ne suis pas contrariant, et puis il m'a fait de la peine, vraiment, avec son boîtier de "Bambi" cassé sous le bras, j'ai cédé.

Je n'aurais pas dû céder : le problème est que je lui ai déjà refusé un blog collaboratif sur Koh Lanta, la Ferme des Célébrités, car la télé réalité ne m'intéresse pas du tout. Et voilà que je m'y retrouve quand même, par surprise, par le biais du football. Je ne cautionne pas du tout.

J'ai toujours suivi les bleus, de mon côté, avec un certain recul, voire une indifférence, un œil critique, et quand j'entends certains parler de passion au sujet de ce championnat d'Europe, je souris un peu, car il est assez exagéré de prendre tout ça à cœur tout de même. Il y a des sujets beaucoup plus grave dans la vie que ces 22 idiots ridicules surpayés qui courent après un ballon, non ? Vous ne pensez-pas ?

J'ai donc vaguement entendu qu'un joueur avait été exclu, Nicolas Nelka je crois, et que d'autres avaient fait la grève de l'entrainement. De toute façon, je me souviens, j'avais huit ans, de ma découverte des tacos et des fajitas, et mon cœur, comme mon palais, est toujours en feu depuis, il est resté résolument sud-américain. On était tous derrière le Panama vendredi soir. Mon grand-père avait d'ailleurs un collègue qui était parti dans la pampa faire fortune, et par solidarité pour les Aztèques, mon cœur a toujours penché du côté du Honduras, peuple noble et fier, auteur du « Barrage contre le Pacifique », qui plus est. Hasta la Victoria siempre. Commandate Che Guevarra.

Mon vrai sport coup de cœur, je dois vous l'avouer en vérité, c'est le badminton, qui est quand même une sacré école de la vie et du respect. J'en jouais à la plage, avant, il y avait en face de moi les sœurs Brontet, quel souvenir toujours vivace, Monique et Vivianne Brontet, en jupes légères, elles sautaient en l'air pour faire des smashes, je vois encore leurs aisselles humides scintiller au soleil éclatant comme si la rosée du matin s'était réfugiée tout entière dans ces duveteuses cachettes, et l'émotion qui en reste est toujours aussi forte. Je n'ai plus jamais vu le badminton du même œil, et souvent maintenant quand vient le soir, l'amour de ce sport national pakistanais provoque une coupable faiblesse pour les kebabs, aliment sentimental par excellence, dont la sauce blanche fait ressurgir les visions des jupes légères du passé, mais dont l'ingestion trop fréquente éloigne de vous, malheureusement, les Monique et les Vivianne.

Pat
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